Un Printemps qui démarre bien...

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Le Printemps de l’économie de Paris, sous le Haut-Patronage de Monsieur Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale, a débuté mardi 2 avril à 17 heures par une table-ronde organisée par Les Economiques de Turgot à la Mairie du 3è, en partenariat avec Le Monde et la Fondation Croissance Responsable.

Croissance : vers un nouveau modèle ? Quels sont les nouveaux gisements de croissance ? C’est Mathis Balbo-Laget , élève de terminale ES au Lycée Turgot, qui a présenté à l’auditoire ces problématiques, ainsi que le biographie des invités. Michèle Debonneuil, économiste,chargée d’une mission auprès du Premier Ministre sur l’économie quaternaire. Eric Champarnaud, vice-président du BIPE et Thierry Zylberberg, directeur de Orange Healthcare. Une table-ronde animée par Philippe Escande, directeur du Monde Economie § Entreprises. Un exemplaire du Monde du jour, avec son supplément éco, a été offert à chaque personne inscrite à ces Economiques d’ouverture du Printemps de l’économie.

Philippe Escande, dont nous saluons le travail au Monde Economie § Entreprises depuis qu’il en a pris la direction, a mené ce débat très bien préparé de main de maître. Des élèves du Lycée Turgot, présents dans la salle, le connaissent bien : ils ont pu le rencontrer l’année dernière aux Rencontres des SES de l’académie de Paris, et ils sont habitués à lire ses éditoriaux, qui souvent illustrent le cours de Sciences économiques et sociales. Lançant le débat, il a laissé la parole à Michèle Debonneuil qui a pu expliquer pourquoi, face à l’épuisement des modèles traditionnels de croissance, l’économie quaternaire était une incontournable réponse. Satisfaire les besoins des consommateurs par des biens produits selon les modes de production obsolètes alors que les marchés sont saturés, semble ne plus avoir de sens. La croissance n’est plus qu’un vieux souvenir, et celle de demain ne peut passer que par une révolution : produire autrement pour satisfaire autrement les besoins. Les « solutions » ne sont ni plus ni moins qu’un tout, des biens-services basés sur les nouvelles technologies, et remplis de gains de productivité potentiels exceptionnels. Les gisements de croissance sont bien là, dans ces nouvelles conceptions de produits (les « solutions »), qui seuls permettront une ré-orientation de l’appareil productif vers un avenir prometteur pour tous.

Comment donner chair à ces concepts, sinon en donnant la parole à deux hommes de terrain, issu du monde de l’entreprise. Comment cela peut-il se concrétiser dans l’automobile, au-delà du succès d’Autolib’ ? La voiture du futur, les nouvelles formes de mobilité donneront quelle croissance et quel type d’emplois ? A ces questions, l’expertise d’Eric Champarnaud a permis d’illuster les propos de Michèle Debonneuil, tout comme celle de Thierry Zylberberg pour l’économie de la e-santé.

Services à la personne, vieillissement, dépendance, voiture du futur, nouvelles formes de mobilité, les gisements de croissance sont bien là, mais comment coordonner toutes les actions nécessaires sans perdre le temps d’une transition trop longue ? Quel rôle pour l’Etat ?

Pour en savoir plus, les vidéos de ces Economiques d’ouverture vous fourniront bientôt des éléments de réponse.

 

A 19 heures, c’est Esprit Public organisé par Terra Nova, la Mairie du 3è, Esprit et Alternatives économiques en partenariat avec les Economiques de Turgot, qui a pris le relais.

A-t-on besoin de la croissance ? Une fois la thématique et la biographie des invités présentées au public par Kenza Haddoune, élève de terminale ES, Christian Chavagneux, rédacteur en chef-adjoint d’Alternatives économiques a lancé le débat. Dominique Méda, philosophe et sociologue, professeur à paris Dauphine, a d’abord rappelé ce qu’était la croissance et ses indicateurs, avant de rappelé les différentes critiques que l’on peut adresser à la mesure de cette croissance. Mais c’est surtout le sens de la croissance qui était au cœur de la réflexion. Quelle croissance voulons-nous ? Que sommes-nous prêt à faire pour que croissance rime avec Bien-Être ? Que cela sous-tend il comme autres implications et changements culturels ? Si Xavier Timbeau applaudit des deux mains et signe sans hésitation le plaidoyer de Dominique Méda, cela ne l’empêche pas de marquer quelques distances avec la sociologue. La croissance est-elle possible quand le Nord n’y renonce pas et que le Sud y a désormais accès ? Quelle empreinte écologique ? Quelles conséquences pour le réchauffement de la planète, peuplée à l’horizon 2050 de 10 milliards d’habitants, dans un monde aux ressources rares ? La croissance verte ? Mais n’est-ce pas une supercherie ? Une autre manière de ne pas renoncer à une croissance désormais impossible ? Avec des démonstrations claires sur les limites de l’internalisation des externalités négatives, par exemple, ou les limites des prix « sociaux » que défendent de nouvelles générations d’économistes, mais sources de terribles inégalités, Xavier Timbeau a bien montré les limites de ces « nouvelles » pistes pour sortir de l’impasse des modes de production traditionnels.

 

 Le Printemps de l’économie continue les 3, 4 et 5 avril…

Pressez-vous… Comme le temps passe…

 

Publié le: 
03 Avril 2013