Un bel opéra d' quatr' sous !

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« De nos jours, il n’y a que les artistes qui parlent au cœur. » écrit Bertolt Brecht dans son œuvre « L’Opéra de Quat’sous ». C’est sans doute vrai qu’il n’y a que les artistes qui savent nous émouvoir et nous émerveiller, sous la forme de chansons, de décors, et plus que tout de théâtre. C’est en tout cas la mine réjouie que nous sommes sortis de la Comédie Française, ce 12 avril, après avoir assisté à la représentation de cette œuvre fondamentale qu’est « L’Opéra de Quat’sous ». C’est Laurent Pelly qui nous propose  sa vision de la pièce à travers une troupe de comédiens dont certains nous paraissaient déjà familiers grâce à « Un Tramway nommé désir » et « Andromaque » que nous étions allés voir un peu plus tôt à la Comédie Française.

La complainte de Mackie le Surineur, par laquelle débute « L’Opéra de Quat’sous » fut chantée la première fois en 1928 à Berlin et a connu depuis, un succès mondial. C’est en jouant et en chantant que les comédiens exposent l’action qui se déroule à Soho, dans un quartier de Londres en proie à une guerre des gangs. C’est une lutte entre deux hommes de pouvoir, le « roi des mendiants » Mr Peachum, et Macheath, « Mackie le Surineur » dangereux bandit et criminel. Macheath épouse Polly, la fille de Peachum. Ce dernier, ainsi que sa femme, refuse catégoriquement l’alliance qui unit l’escroc et sa progéniture. Avec l’aide de la prostituée Jenny, Macheath est arrêté et condamné à mort. C’est en prison que Polly découvre que son bien aimé avait déjà une autre femme, Lucy. L’histoire semble sans issue et Macheath entame un long discours, la corde au cou. Pourtant, Brecht décide que tout se termine bien : un messager de la reine survient de nulle part et annonce que Mackie est gracié et anobli.

Une entrée remarquée au répertoire de la Comédie Française pour Laurent Pelly qui nous offre un spectacle de qualité, teinté d’humour et de fantaisie, notamment à l’aide de Véronique Vella qui interprète le rôle de Mme Peachum ou encore Marie-Sophie Ferdane qui nous propose une Lucy extravagante. On se surprend donc à rire dans cette mise en scène effrénée d’une véritable descente aux enfers, et on se laisse allégrement transporter dans les bas-fonds de la corruption, du pouvoir et de la trahison.

Julia d’Avout, 1ES3.  

Publié le: 
04 Mai 2011