Retour sur les Révolutions Invisibles

par Adeline ROHRIG et Joséphine BENARD, classe prépa ECT

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A travers leur livre intitulé «  les révolutions invisibles », Florian Augagneur, philosophe, et Dominique Rousset, journaliste et productrice de L'économie en questions sur France Culture, relatent différents problèmes nuisant à notre société en 40 petits récits pour comprendre le monde qui nous attend. Ces 40 chapitres ont fait l’objet d’émissions sur France Culture sous forme de série. La préoccupation centrale porte sur les problèmes environnementaux.

Les racines de la question environnementale résident dans une série de constats sur l’état actuel de notre planète. Au premier rang des problèmes : l’activité humaine, nos modes de production et de consommation. La concurrence fait rage entre les hommes et mène au point où la réussite des uns fait obstacle à celle des autres. La poursuite des intérêts individuels a conduit à perdre de vue la nécessité de préserver l’environnement que l’on se partage. Si nous ne trouvons pas de solutions efficaces, en matière de sciences et d’écologie, nous serons amenés à contempler la dégradation inexorable de notre écosystème. En vue de la Cop 21 on peut s’interroger sur les décisions à prendre et les moyens pour agir efficacement, ensemble, pour notre bien.

 

I : Le livre, les enjeux environnementaux, des pistes de solutions

 

               Comment pouvons-nous agir face aux problèmes environnementaux actuels et comment innover de manière à trouver des solutions adéquates ? Apprendre à oser, oser changer le monde ; mais il ne faut pas oublier « [qu’] on ne résout pas un problème avec les modes de pensée qui l’ont engendré » (Einstein). D. Rousset et F. Augagneur ont essayé de nous montrer quels courants de pensée révolutionnaires étaient à la recherche de solutions permettant d’agir contre ces problèmes. Voici quelques thèmes qu’ils ont abordés avec nous parmi les différents présents dans leur livre :

 

  • Innover : la géo ingénierie 

Pourquoi ne pas installer des milliers de miroirs dans le but de protéger la terre des rayons du soleil ? Tel est le projet proposé par L’Académie des sciences américaines en 1992.

Mais si cette idée peut paraître absurde elle pourrait en effet réduire le risque de réchauffement climatique.

 

  • Le travail 

Loin des 11h de travail par jour sans repos hebdomadaire, J. M. Keynes et A. Gorz auraient déterminé que l’on sera un jour capable de travailler seulement 15 heures par semaine, car nos gains en productivité le permettraient. Dit autrement, il faudrait songer à réduire le temps de travail, la production globale et la consommation de masse. Cela implique de réfléchir au partage des richesses et aux moyens pour l’être humain de se réaliser.

 

  • L’économie de la connaissance 

Si l’homme est capable d’agir, c’est sa matière grise qui lui permettra de donner de l’ampleur à ses idées et gestes. L’importance du capital humain a engendré une véritable économie de la connaissance dans laquelle le capital-savoir joue un rôle fondamental. L’économie de la connaissance doit être tournée vers la question environnementale.

 

  • Le mouvement slow

Le mouvement slow dénonce la production et la consommation de masse et énonce que « la vitesse peut ralentir, et même paralyser ». Donc il recommande de faire les choses sans se presser, ce qui permettra une résolution plus juste et réfléchie. Tiens ! Jean de La Fontaine ne nous avait-il pas prévenus : « Rien ne sert de courir, il faut partir à point »

 

 II : Des modes de production et de consommation à revoir

 

               Sénèque  « Nous n’avons point reçu une vie brève c’est nous qui l’avons rendue telle. » Raison de plus pour chercher à améliorer ce qu’on a déjà fait. Ainsi, les comportements sont à remettre en cause. Face à la dégradation de l’environnement, les hommes doivent vivre autrement s’ils souhaitent préserver la planète terre. Mais il y a une partie de la population qui n’a pas encore été éduquée à des valeurs écologiques : le recyclage des déchets, par exemple, est répandu mais tout le monde ne considère pas cette l’action comme utile alors que c’est un devoir de bon citoyen. Cependant en dehors des ignorants, nous remarquerons que certains gestes sont volontairement destructeurs et non assez réglementés pour les limiter : l’obsolescence programmée par exemple donne une durée de vie limitée aux produits et qui est très polluante.

               Dans le livre un exemple pourrait en choquer plus d’un : un accident de voiture est bon pour le PIB ! Il nous montre en effet qu’ici l’avantage est économique : cela fait jouer assurances, garagistes ou concessionnaires donc cela fait fonctionner l’économie ainsi qu’une bonne part de ses acteurs mais quid des impacts sociaux d’un tel accident ? Il faut chercher à savoir jusqu’où la croissance peut aller car il ne faut pas oublier qu’augmenter le PIB ne va pas nécessairement augmenter le bien-être de la population.

               Aujourd’hui, certains cherchent à limiter les dégâts : en éteignant l’eau du robinet lorsqu’on se lave les dents, en essayant tant bien que mal de faire le tri des ordures. Mais par ailleurs, on dépense des sommes astronomiques pour développer des voitures électriques, qui au final, serons trop chères pour que tout le monde puisse en avoir une. L’ouvrage de Dominique Rousset et Florian Augagneur nous fait certes entrevoir différentes solutions mais certaines, coûteuses et techniquement incertaines, sont extrêmement difficiles à mettre en place. D’autres nécessitent des modifications de comportements que laisse mal présager la poursuite d’objectifs individualistes. Cela ne résout pas le problème de l’application de ces solutions qui  requiert une gouvernance mondiale.

 

III : Des solutions difficiles à mettre en place, des enjeux qui perdurent

                       

               Au vu de ces évolutions et contraintes, comment prendre des décisions ensemble efficacement et comment faire pour les appliquer ? Choisir entre bien-être des populations, d’un pays ou de la terre, la question est bien difficile à régler. Le problème de la gouvernance des biens publics mondiaux est que parfois aucune solution n’aboutit comme lors du dernier cycle de négociations mondiales organisées par l’OMC à Doha.  Le problème était certes différent mais la problématique est identique : il faut coordonner les décisions et actions au niveau mondial pour que les biens publics mondiaux sont produits, ce qui est éminemment complexe.

               Alors, quel avenir pour la planète ? Nous espérons que les décisions de la COP21 aboutissent à des engagements concrets et durables, car il est temps d’agir avant qu’il ne soit trop tard ! Cette conférence internationale sur le climat, réunissant 147 chefs d’Etats désireux d’œuvrer pour la planète, a lieu chaque année depuis maintenant 20 ans mais trop peu de décisions ont réellement prises (sinon efficaces). Que faire s’il n’y a pas de gouvernance mondiale de la question environnementale ? C’est une des questions à laquelle n’ont pu répondre les conférenciers et qui, pourtant, devient cruciale, au vu du réchauffement de la planète et de ses conséquences désastreuses. Chaque Etat cherche à se développer et à profiter du maximum de ressources naturelles possibles en oubliant le bien qui nous est essentiel et commun : la Terre.

               Malheureusement, lors de cette conférence, nous avons eu la fâcheuse impression que le pari était quelque peu perdu d’avance et que nous, en tant que jeunes, c’est-à-dire de génération qui pâtira directement des impacts des problèmes environnementaux, étions trop innocents ou trop peu efficaces pour faire changer les choses. Pourtant, nous nous devons tous, sans exception aucune, de prendre part au changement et à la protection de notre planète car, comme le disait Margaret Mead « Ne doutez jamais qu’un petit groupe d’individus conscients et engagés puisse changer le monde. Historiquement, c’est toujours de cette façon que le changement s’est produit. » Alors, pourquoi pas nous ?

Publié le: 
26 Février 2016