"L'Europe, un silence assourdissant", par Pierre-Pascal Boulanger

Paru dans Economie Matin

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L’abstention est toujours un triste signe. Son niveau aux dernières municipales (38,5%) vient de nous le rappeler. Cependant, un tel taux serait une excellente nouvelle aux prochaines élections européennes ! En 2009, 59,4 % des inscrits s’étaient abstenus en France, bien au-dessus de la moyenne de l’UE. Seuls 40,6 % avaient alors pris part au vote contre 61 % en 1979 : une vertigineuse et régulière chute de la participation de scrutin en scrutin.  

Ce désamour des citoyens pour la chose européenne a été maintes fois expliqué. Se détourneraient-ils des affaires publiques, comme en parlait si bien Tocqueville ? Puisque la défiance envers l’Etat n’est pas nouvelle à l’échelon national, pourquoi en serait-il autrement au niveau supranational ? Certains rétorquent que l’abstention est d’autant plus forte que le pouvoir est loin. Loin ou faible ? Que peut une Europe disposant d’un budget représentant à peine plus d’un point de son PIB ? Sans pouvoir budgétaire, elle aurait une arme forte : sa monnaie, qui a résisté à la crise et que l’on dit sauvée. Forte ? Trop haut l’euro dans une Union sans politique commerciale, sans politique de change, sans stratégie industrielle, comme une Europe qui tend l’autre joue ?

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Publié le: 
06 Avril 2014