Didier Jayle

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Les politiques publiques des États restent inspirées par les conventions internationales qui régissent le système de la prohibition des produits stupéfiants. Les conventions ont été utiles pour régler le problème de l'opium en Chine au début du XXe siècle, et agir sur des États dealers (principalement la France et l'Angleterre dans leur commerce de l'opium en Asie). Sont-elles adaptées aux problèmes des drogues aujourd'hui pour lutter contre les multinationales du narcotrafic qui surfent sur la mondialisation, corrompent les administrations des pays pauvres, s'adaptent avec rapidité aux obstacles bureaucratiques, ne connaissent ni loi ni frontières?

Malgré les moyens considérables consacrés à la lutte contre le trafic, le marché des drogues se porte bien. Pourtant, une nouvelle approche des conventions centrées sur la réduction des risques, une approche cohérente et éclairée basée sur les faits en tenant compte de la spécificité des produits, serait souhaitable.

Didier Jayle est médecin. Il s'est investi dans les soins aux malades du sida depuis le début de l'épidémie et continue d'exercer à l'hôpital européen Georges Pompidou. En 1986, il lance la première campagne d'information sur le sida et en 1988, fonde le CRIPS, centre régional d'information et de prévention du sida et des toxicomanies, à la demande du conseil régional d'ile de France. Il dirige le CRIPS de 1988 à 2002. En 1995, il participe à la création de Nova Dona, un des deux premiers centres méthadone, à l'Assistance Publique de Paris. En octobre 2002, il est nommé président de la mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie qu'il quitte fin 2007. Depuis 2008, il est titulaire de la chaire d’Addictologie créée au CNAM.

Source : cnam.fr

L'addictologie

Elle recouvre toutes les addictions aux substances psychoactives, quelles que soient les substances (alcool, tabac, cannabis héroïne, cocaïne...) ainsi que les addictions sans produit (jeux d'argent, jeux vidéos...). Cette unification du champ est récente ; elle unifie les stratégies d'intervention et les services concernés. Il est nécessaire que tous les acteurs quel que soit leur métier, comprennent la totalité des enjeux et leur retentissement sur leur activité professionnelle.

Source : cnam.fr

Liens
Faut-il s'habituer à vivre avec le cannabis ? Une vidéo en ligne

http://www.universcience-vod.fr/media/814/faut-il-s-27habituer--c3-a0-vivre-avec-le-cannabis--2b.html

Chat avec Didier Jayle :

http://www.forum.gouv.fr/IMG/pdf/script_chat_cannabis.pdf

Prévention et éducation :

http://media.education.gouv.fr/file/Action_sanitaire_et_sociale/98/1/interacademiques2004_114981.pdf

Pourquoi j'ai invité Didier Jayle, par Pierre-Pascal Boulanger

Je connais Didier Jayle depuis fort longtemps. Je ne doutais donc pas de la qualité de l’argument, de sa force de conviction, lui, homme de science et de praxis. Mais passer du tête-à-tête à un auditoire de soixante élèves ? Diantre ! Quel talent ! Captivés, les élèves ont fini debout, applaudissant à tout rompre (ils n’avaient pourtant pas reçu de consigne).

L’inviter, pourquoi ? Parce que l’addiction est au programme de SVT en classe de première ES, susceptible d’être un sujet de l’épreuve anticipée. Mais aussi au programme de SES sur des questions telles que la déviance et la délinquance, le rôle de l’Etat et les politiques publiques.

Médecin spécialiste, acteur en tant que militant, créateur du CRIPS, acteur en tant que politique à la direction de la MILDT (Mission Interministérielle à la Lutte contre les Drogues et la Toxicomanie), pouvait-on rêver meilleur interlocuteur que cet humaniste aux multiples casquettes ?

Pierre-Pascal Boulanger.

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Publié le: 
01 Juin 2010