Dette publique : la France en danger ?

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Dette française : réalité ou fiction ?

La France se retrouve de plus en plus acculée à la rigueur par les multiples pressions des marchés financiers. Une rigueur certes, insuffisante selon certains, qui aperçoivent déjà l’abaissement de la note française d’ici les prochains mois…

La dette inquiète, la dette effraie, mais la France est-elle réellement en danger ?

Alors habitué à un taux d’emprunt en France plus ou moins similaire à celui de l'Allemagne, nous pouvons apprécier de sérieuses divergences entre les deux pays depuis plusieurs mois. En effet, la France emprunte à un taux presque deux fois plus élevé que celui de l'Allemagne, 1,78% contre 3,46%. Un spread important entre les deux pays, mais doit-on pour autant crier au loup ? Rappelons-nous que 3,46% reste un taux d’emprunt historiquement bas depuis les 10 voire 15 dernières années. Nos homologues espagnols empruntaient à 5,4% en mars dernier et nos voisins italiens empruntent quant à eux à hauteur de 7% actuellement.

Le problème que pose cette brutale hausse est surtout qu'elle se place directement en opposition avec la politique de rigueur actuelle. En effet, cette hausse implique un accroissement sérieux de la part de la dette dans le budget. Déjà bien maigre et soumis à des restrictions draconiennes, le budget 2012 subit les lois du marché et le plan de rigueur annoncé par François Fillon  se veut menaçant par son obsolescence. L’abaissement du taux hypothétique de croissance à 1% annoncé par le gouvernement couplé à des perspectives de croissance atone par l’OCDE confirme la probable désuétude du plan de rigueur. En ce sens, dans le but de ramener un budget en équilibre pour contrer l’accroissement du déficit public, l'Etat devra imposer une politique de rigueur plus dure encore qu’elle n’est déjà, probablement après l’élection présidentielle.

Le sacro-saint triple A

Une fuite, sortie de chez Standard & Poor's, est apparue devant les écrans des opérateurs de marché du monde entier, la dégradation de la note de la France. Déjà perdu pour l’opposition, encore d’actualité pour le gouvernement, la guerre du triple A gagne sur tout les fronts. S’avérant fausse quelques minutes plus tard, elle aura tout de même généré un vent de panique général. Actuellement, S&P conserve un triple A assorti d'une perspective « stable » pour la France, soit la note maximale. Une situation alambiquée, puisque la note Française est meilleur que celles des Etats-Unis mais les intérêts français sont pourtant plus élevés. Il ne faut donc pas chercher un jugement divin dans la note attribuée. Ne nous voilons pas la face, le AAA français est bel et bien perdu.

 

Plus le temps passe, plus il apparaît que la croissance sera en 2012 inférieure à la prévision révisée à 1 %. Un taux d’emprunt à 3,5%, une dette qui s’accroît, un plan de rigueur atone, un gouvernement se pliant aux lois du marché, bref une situation quelque peu chaotique. Nous nous dirigeons peu à peu vers une Europe fédérale sous l’égide d’un seul pays : L’Allemagne. Serions nous prêt à abroger notre souveraineté nationale ?

                                                                                                                                   Alexandre Petit, Terminale ES 3

Publié le: 
08 Janvier 2012