Blow up : un film toujours actuel

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Après une série de chef-d'oeuvre avec Monica Vitti, "L'Avventura" ou "Désert Rouge", Michelangelo Antonioni devint un cinéaste international avec Blow-Up. Ce dernier obtint la Palme d’or au Festival de Cannes de mai 1967 ainsi que le Prix de la Fédération Internationale des Ciné-Clubs. Son scénario avait été inspiré par une nouvelle de Julio Cortazar. Antonioni n’en retint que le personnage du photographe interprété par David Hemmings. La richesse de signification du film est déjà inscrite dans le verbe anglais qui lui donne son titre original : «to blow up» veut dire aussi bien «éclater», «exploser», «gonfler», «agrandir une photographie» que «sermonner». Cette étymologie renvoie bien à la dynamique profonde du film.

 
L'histoire de déroule à Londres en 1966. Thomas (David Hemmings) est un jeune célèbre photographe de mode, glacial et riche, déambulant en Rolls Royce. Il partage son temps entre des séances survoltés avec de joli mannequins et des reportages ayant comme thème la misère urbaine. Thomas comme tout artiste est en perpetuelle recherche de sujet originaux et novateur. Un après-midi  lassé des mannequins et de la mode, il va prendre l’air dans Maryon Park, prenant quelques clichés d'un parc désert en quéte d'une image paisible qui conclura son prochain livre, il photographie à leurs insu un homme âgé et une jeune femme (Vanessa Redgrave). Cette dernière s'en rend compte et exige vainement qu'il lui rende la péliculle, puis le poursuis dans son studio, tentant de l'amadouer par un flirt maladroit qui ne fait que d'avantage titiller la curiosité de Thomas. Il lui donne de faux négatifs et dévellope les bons: d'agrandissements en agrandissements, il croit distinguer un cadavre.
Par la suite les preuves disparaissent mystérieusement, Thomas doute d'avoir découvert un meurtre et se laisse à nouveau emporter par sa vie de vices et distractions.
 
Blow Up  réfléchit  sur le temps et non sur l'espace. Je m'explique: c’est pendant que la femme brune est venue trouver Thomas que le meurtre a eu lieu. Ce laps de temps a suffi pour que Thomas ne s’aperçoive de rien. Et s’il n’avait pas repris une ou deux photos par la suite, le deuxième cliché lui serait resté inconnu. D’autre part, elle connaît son domicile : comment ? Peut-être parce que le meurtrier est son voisin peintre dont une peinture évoque étrangement la scène du meurtre, comme son épouse jouée par Sarah Miles le fait remarquer à Thomas. Le visage du peintre ressemble vaguement au visage esquissé en noir et blanc sur le premier des deux clichés révélant le meurtre. Hypothèses restant invérifiable.
 
Blow Up ayant une amorce de thriller se révèle un portrait de l'aliénation et d'une sorte d'incommunicabilité : l'inquiétant parc désert, un concert des Yardbirds, dont le public reste impassible puis se déchaine lorsque un musicien fracasse sa guitare, une fête "baba cool" ou Thomas cherche un ami auquel il est incapable d'expliquer quoi que se soit, puis un dénoument magistral
qui débouche sur une partie de tennis entre mimes se cloturant ur une fin ambiguë, Thomas étant attiré dans leur jeu en leur renvoyant une balle imaginaire qui était sortie du cours.
 
Paillissé Valentin, 1er ES 3  
Publié le: 
27 Mars 2011